Affichage des articles dont le libellé est Net Galley. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Net Galley. Afficher tous les articles

jeudi 25 juillet 2019

Chronique : Si seulement Lucie




Auteur : Vincent Engel

Editions : Hachette

Nombre de pages : 240 pages

Date de sortie : 3 juillet 2019

Prix : 13,90 euros

Résumé :

  "Depuis l'enfance, Lucie porte un secret. Sa tête est pleine de "si" qui l'empêchent parfois de faire des choix. Lorsqu'elle rencontre Jim, elle voit en lui une sorte d'extraterrestre. Elle le déteste tout de suite car elle sait qu'elle pourrait tomber amoureuse de lui. 

Jim vit dans ses rêveries. Il s'intéresse à des sujets qui n'intéressent personne et vice-versa. Lorsqu'il croise le regard de Lucie, il sait qu'elle est différente des autres filles. Il sait aussi, à ce moment-là, que sa vie va changer."




Mon avis :

Parfois, un livre capte l'attention, le regard... On essaie de comprendre ; pourquoi ? ; d'où vient ce tiraillement dans le ventre qui pousse à commencer ce roman en particulier ? (Sa couverture ? son résumé ?) On se laisse tenter, curiosité éveillée, mais sans grande attente, pour au final, passer un moment aussi chouette qu'à Disneyland (ou alors que manger une gaufre couronnée d'une boule de glace saveur caramel beurre salé *à Disneyland ! Quel rêve savoureux*) !
Merciii au site NetGalley et aux éditions Hachette pour cette adorable romance !



L'histoire m'a de suite emportée grâce à la douce écriture de Vincent Engel qui laisse la voie à Lucie et Jim, deux adolescents solitaires, singuliers (par rapport à la majorité des autres jeunes) par leurs pensées, leurs loisirs ainsi que leurs manières d'appréhender la vie. Lucie déménage dans le même immeuble de Jim. Elle se sent attiré par ce dernier, mais ne veut être approchée de personne (quelle en est la cause ? Aha, je ne dirai rien !). Son ignorance et ses évitements renforcent les piques érigées sur les barrières entourant son être. Mais en s'approchant petit à petit, la forteresse se familiarise à ce nouvel individu qui ne perd pas espoir, qui persévère dans sa volonté de découvrir cette voisine qui fait vibrer son coeur...



"Je n'ai pas envie d'être liée à lui, ni à qui que ce soit. Mais les liens s'enroulent, ils ne nous demandent pas notre avis. Et on n'a pas toujours l'envie ou la force de les rompre. On les laisse s'enrouler autour de nos bras, de notre coeur, de nos pensées. Après, c'est trop tard. Et alors, pour se libérer, ça fait mal à tout le monde."



L'alternance des chapitres entre Jim et Lucie permet de les comprendre, et donc de s'attacher facilement à ces deux adolescents sensibles qui ne vivent aux côtés de parents sans problèmes... Le contexte familial de Lucie serre beaucoup, beaucoup le coeur, j'avais envie de lui faire dix câlins à la suite, sérieux ! Puis c'est loin d'être tous les jours évident pour Jim avec sa maman brisée... J'ai aimé entrer tour à tour dans la tête des deux protagonistes, même si, parfois, j'ai trouvé qu'ils se saisissaient un peu trop bien, au niveau de leurs sentiments par exemple, puis les quelques répétitions n'étaient pas nécessaires.  



Le secret que cache Lucie intrigue, et si je l'avais partiellement deviné (faut pas pousser mémé dans les orties, les soupçons finissent par se tarir au bout d'un moment, comme une cascade subissant la canicule, le torrent se transforme (tel le phoenix renaissant de ses cendres) en mince filet (moins majestueux comme allure, j'avoue)), ma lecture n'en a pas pour autant été gâchée, loin de là je dirai même ! Après, Lucie m'a énervée lorsqu'elle se conduit d'une manière pas cool du tout envers Jim, mais ce dernier réagit tellement bien, je n'étais pas prête (coeur-sur-lui) !



"On s'est mis en route sans parler. J'aime le silence. La plupart des gens deviennent fous quand ils doivent rester silencieux, ou quand ils sont en face de quelqu'un qui ne parle pas tout le temps. Je sentais la chaleur du corps de Jim à côté de moi, mais aucune tension. Mon silence ne le dérangeait pas. Le sien me faisait plaisir."



De nombreuses pensées, de nombreux messages et dialogues sur la vie, l'amour, le bonheur, la peur, les relations parcourent ce roman. C'est très agréable la façon dont ils sont amenés ! Le ton est également très bien choisi, j'avais le coeur embaumé de douceur, senteur rose, goût chocolat framboise, Pink Floyd résonnant au loin...



"L'éternité se blottit peut-être dans l'instant."




Une belle histoire remplie de sentiments et d'émotions qui touchent ! La douceur, l'intelligence, la compréhension, l'attention de Jim M'ont offert offrent un véritable bien être à Lucie ; c'est mignon et adorable tout plein de les voir tomber amoureux l'un de l'autre ; franchement, cette romance est à lire ! Après, elle ne laisse pas un souvenir impérissable, mais sur le moment, j'étais comme enveloppée dans un cocon de moelleux nuages laissant parfois entrer la pluie et des éclairs, c'était comme boire du p'tit lait (ou un cappuccino noisette ou vanille au choix, ou un thé fleuri avec du miel) !





Une excellente lecture pour une histoire touchante avec des personnages bien développés !




" - (...) Tu sais, il y a des gens qui ont peur du bonheur. Ou plutôt, qui ont peur que le bonheur prenne fin. Alors, ils préfèrent fuir le bonheur pour ne pas souffrir. Mais... tout prend fin. Ce n'est pas une raison pour fuir."




vendredi 28 juin 2019

Chronique : Vox


 
Autrice : Christina Dalcher

Editions : Nil

Nombre de pages : 432 pages

Date de sortie : 7 mars 2019

Prix : 22 euros

Résumé :


  "Jean McClellan est docteure en neurosciences. Elle a passé sa vie dans un laboratoire de recherches, loin des mouvements protestataires qui ont enflammé son pays. Mais, désormais, même si elle le voulait, impossible de s’exprimer : comme toutes les femmes, elle est condamnée à un silence forcé, limitée à un quota de 100 mots par jour. En effet, le nouveau gouvernement en place, constitué d’un groupe fondamentaliste, a décidé d’abattre la figure de la femme moderne. Pourtant, quand le frère du Président fait une attaque, Jean est appelée à la rescousse. La récompense ? La possibilité de s’affranchir – et sa fille avec elle – de son quota de mots. Mais ce qu’elle va découvrir alors qu’elle recouvre la parole pourrait bien la laisser définitivement sans voix…

Christina Dalcher nous offre avec Vox un roman dystopique glaçant qui rend hommage au pouvoir des mots et du langage."




Mon avis :

Quand j'ai lu le résumé, frisson, horreur et curiosité m'ont piquée telle une abeille laissant son dard et sa frayeur dans la peau après s'être envolée (ou avoir été écrasée... Pas cool, la pauvre, si tu veux du miel, ne tue pas les abeilles, voyons !).  Il ne m'en fallait guère plus pour tenter ma chance pour le recevoir, si ce n'est de qualifier l'histoire de "dystopie", un genre que je kiffe beaucoup trop !!!
Un grand merci au site Lecteurs.com et aux éditions du Nil pour cette lecture intense !



Posons ce cadre de rêve procurant joie, bonheur et apaisement, surtout pour les femmes qui ont été réduites au rôle de marionnettes dont les fils sont désormais tirés par les hommes : vous hésitez pour votre futur ? Venez vivre dans cette fabuleuse Amérique où les femmes n'ont plus qu'un rôle à jouer, celui de l'épouse docile dont la bouche est pratiquement cousue par un compte-mots (et non un bracelet !) qui leur permet d’exprimer 100 mots à voix haute par jour. Après, ça fait mal… 


Vous vous demandez sûrement comment la femme a pu être privée de son libre arbitre ainsi ? Crescendo, les idées d’un petit groupe de religieux extrémistes se sont répandus comme des champignons toxiques à travers le pays, et une fois les hommes promulguant ce genre de pensées (aussi avancées, ne datant pas du tout de l’âge de pierre (quoique même à cette époque, les femmes devaient être mieux considérées)) sont arrivés au pouvoir, ont investi le gouvernement, il était trop tard. Manifestations, révoltes, rassemblements et autres mouvements de contestations n’ont pu stopper l’implantation, l’envahissement de ces idées toxiques emprisonnant les femmes dans une vie sans couleurs.



Maintenant, l’héroïne Jean doit vivre avec des regrets et de (trop beaux) souvenirs qui n’ont point été imaginés. Elle subit en silence la colère et la frustration d’avoir acquis une position aussi importante que celle d’une poupée chez les adultes (car les enfants ont plutôt tendance à vénérer leur doudou qu’à le mépriser), jusqu’à ce qu’une occasion se présente à elle : le frère du Président-Dictateur a eu un accident touchant une zone du cerveau que Jean a étudié en long, en large et en travers ! Ses services sont demandés, et à partir de là, Jean va se bouger et réfléchir à la façon dont ses actes pourraient ébranler le gouvernement.



Une lecture très intéressante, qui pousse à la réflexion ! C’est atroce d’apercevoir comment une société peut basculer dans l’extrême, comment des idées allant à l’encontre des droits fondamentaux de TOUS les Hommes sont propagées et enflamment la majorité de la population. C’était déchirant de voir les femmes évincées de toutes les scènes de la vie sociétale, mis à part celle de la sphère familiale où son rôle est de s’occuper de la maison, des enfants et de son mari. Plus aucune liberté, plus aucune aspiration d’octroyer si ce n’est de devenir une épouse dévouée à sa famille (trop de choix, on adore).



A travers le personnage de Jean, ses souvenirs nous permettent de comprendre le basculement vers une société 500 % patriarcale. Le mélange entre passé et présent est bien dosé, j’avais un peu de mal au début, mais ensuite, je m’y suis habituée : le tout se marine bien, surtout avec l’effroyable futur que dessine la jeune femme si le gouvernement reste comme tel ! Elle pense (surtout !) à sa petite fille de six ans, puis à ses garçons, à leur avenir dans un tel monde… Interdiction aux livres (mis à part la Bible qui prêche la parole et les idées du Président-Dictateur (propagande bonjour)) et ne plus apprendre à lire aux filles, quelle vie ! Je signe où ?!? (ironie)

Jean se remémore à plusieurs reprises sa jeunesse, ses idées et le contraste entre sa non-réaction et l’engagement obstiné de son amie Jackie face au mouvement extrême qui s’imposait dans son pays. Elle ne pouvait admettre, véritablement voir à quel point la situation devenait et allait devenir critique ! C’était tout simplement inconcevable (spoiler alerte : et ben non. Tout peut arriver, comme quoi.)L’horreur n’arrive pas qu’aux autres : les combats et les luttes ne se terminent jamais. L’acquis peut vite être remis en question…



Une histoire captivante, qui se lit sans problème même avec le côté scientifique entremêlé à l’intrigue ! Je ne suis pas une grande fan des sciences, mais ici, l’autrice évoque un sujet passionnant et pas de manière trop compliquée : c’était compréhensible et intéressant ! 



"On ne naît monstre. On le devient, morceau par morceau, membre par membre, création artificielle d’hommes fous qui, à l’image du malavisé Frankenstein, pensent toujours tout savoir mieux que les autres."



Sinon, Jean se révèle d’autant plus attachante par ses qualités et ses défauts (elle est loin d’être parfaite et courageuse h24, elle pense à elle également), puis ses émotions sont bien transmises ! Même si l’histoire est très centrée sur son personnage (ce qui donne parfois une dimension restreinte), j’ai bien aimé découvrir son évolution ! Elle entre tout de même en interactions avec d’autres personnages bien traités, comportant des caractéristiques particulières, alors c’était chouette.



Concernant la fin, je reproche sa rapidité même avec la surprise qu’est le changement de bord d’un des personnages ! J’étais vraiment étonnée ! Mais les évènements s’enchainent vite et même si tout n’est point rose, j’aurais aimé qu’il y ait plus de noirceurs… (Autrement, j’suis sympa hein !) Avec une ambiance aussi pesante et étouffante d’installer (des caméras étaient même installées chez les gens afin de les surveiller… Non, non, ce n’était pas une téléréalité.), je m’attendais donc à une fin moins « facile » !



Pour conclure, je recommande vivement cette dystopie offrant frissons (et pas de douceur, mais plutôt du genre glacé (parfait en cette canicule alors !)) ainsi que du sport à nos neurones ! Une histoire bien écrite et importante.




Une excellente lecture !



"Vous pouvez retirer beaucoup de choses à quelqu’un - son argent, son travail, sa curiosité intellectuelle, qu’importe. Vous pouvez même lui retirer les mots, mais vous ne parviendrez pas à changer l’essence de ce qu’il est. 
Privez-le de la camaraderie et, brusquement, ce n’est plus la même chose."




samedi 15 juin 2019

Chronique : Quand l'amour s'en mail



Autrice : Tamara Balliana

Editions : Montlake Romance

Nombre de pages : 303 pages

Date de sortie : 7 mai 2019

Prix : 9,99 euros

Résumé :

  "Quand sa meilleure amie lui demande d’être son témoin de mariage, Solène est aux anges et décide de lui organiser un enterrement de vie de jeune fille dont elle se souviendra ! Pour cela, elle écrit à Léonie, surnommée « Léo », la sœur de la future mariée… Mais à cause d’une erreur de destinataire, c’est Léo, architecte parisien et homonyme de Léonie, qui lui répond !

Débute alors une correspondance qui devient de plus en plus personnelle à mesure que les jeunes gens se découvrent l’un l’autre. Mais quand Léo propose à Solène de se rencontrer enfin, elle refuse catégoriquement. Bien décidé à connaître le visage de sa mystérieuse amie virtuelle, Léo s’obstine… Solène lui cacherait-elle quelque chose ? La complicité qu’ils ont développée derrière leurs écrans résistera-t-elle à l’épreuve du réel ?"





Mon avis :

Encore une lecture qui entre dans le #ChallengeNetGalleyFR et avec laquelle j'ai passé un moment tout doux ! Une histoire qui serre autant qui réchauffe le cœur tel l'effet d'un rayon de Soleil sur le visage (le meilleur, c'est en hiver car le rayon réchauffe allègrement l’âme et peu à peu le corps, alors qu'en été, on préfère la petite ombre accompagnée de son amie la brise).
Un grand merci à Net Galley et aux éditions Montlake Romance !



Solène croit envoyer un mail à la soeur de sa meilleure amie pour organiser le mariage de cette dernière, sauf qu'elle ne reçoit pas de réponse. Au bout de plusieurs mails (et semaines), quelqu'un daigne (enfin !) de lui répondre... mais ce quelqu'un est loin d'être la soeur de la fiancée : il s'agit plutôt d'un inconnu avec lequel Solène va commencer à correspondre et à s'attacher peu à peu !



Mon résumé doit moyennement vous faire envie et l'histoire peut sembler banale, mais ce livre est top ! Tout d'abord, l'écriture fluide captive et nous fait entrer dans la vie quotidienne de Solène et de Léo facilement. On découvre au fil des pages deux personnages que la vie n'a pas épargné et c'était touchant d'être témoin de la naissance de leur relation, de la naissance de leur complicité : au début, ils discutaient de choses banales de leur, la vie, puis au fur et à mesure, leurs conversations devenaient plus profondes... Ils se livraient davantage en même temps que la confiance s'installait, même avec les doutes, des hauts et des bas.



"Cela ne fait certes que trois semaines que nous nous sommes rencontrés virtuellement, mais j’ai bon espoir que nous pourrons devenir ami. Et pourtant, il y a encore quelques jours, j’aurais trouvé cette idée complètement ridicule. Mais j’ai pris conscience de quelque chose : lorsqu’on est derrière un écran, s’il est facile de mentir, certaines vérités sont plus aisées à exprimer. Peut-être est-ce parce qu’on ne voit pas la réaction de l’autre en face, qu’on ne se connaît pas vraiment et que se faire juger par un inconnu nous semble moins important. Je pense que c’est un mélange des deux."



Cela m'a beaucoup plu que la famille et les amis respectifs des protagonistes ne soient pas laissés sur la touche ! Enfin des personnages secondaires qui ne font pas office de figurants ! (D'autres histoires mettent aussi en avant des personnages non stéréotypés hein, ne me jetez ni foudre ni pierres voyons, ce ne sont pas des manières !) Ils sont étroitement liés aux deux protagonistes en ayant des répercussions sur ces derniers (et vise versa), et même si la joie n'est pas tout le temps au beau fixe (et ouais, les relations familiales et amicales ne sont pas toujours aussi douces que du miel ! (Que serait une chronique sans nourriture, franchement ?)), les liens tissés sont montrés et décrits de manière émouvante, intéressante ! 



Solène cache un secret que l'autrice révèle au milieu de l'histoire, sans avoir oublié de disséminer quelques indices avant, of course ! Mes suppositions étaient proches, mais du coup, cette découverte ajoute une nouvelle perspective à l'histoire. Le sujet est très bien abordé j'ai trouvé, même si je ne suis pas concernée...



L'échange de mails est chouette à suivre, tout comme l'évolution de Solène et de Léo ! J'ai peut-être été un poil déçue que ce dernier soit dépeint comme un mannequin (et patati et patata) sur le coup (faut pas être difficile non plus, on ne rechigne pas devant une gravure de mode !), mais il est tellement adorable que j'ai voulu le piquer à Solène (mais après, j'me suis dit que j'allais lui laisser car ils sont trop mignons ensemble !!!). Puis avec tout ce qu'ils ont vécu chacun de leur côté, je les laisse volontiers l'un à l'autre, car niveau tragédies, ils ne sont pas en reste...



" – (…) On ne peut jamais deviner ce que la vie va nous offrir ou nous retirer. C’est ce qui fait aussi qu’elle vaut la peine d’être vécue. Tu imagines si notre destin était tout tracé ? On s’ennuierait à mourir !"




Pour conclure, je recommande avec joie cette jolie romance ponctuée de moments aussi durs, tristes que doux, touchants, joyeux et choupinous ! La fin n'est pas imprévisible, mais les personnages sont attachants : on apprend à les aimer (de tout notre coeur ouais ouais !) tel qu'ils sont ! Leurs émotions et pensées sont transmises avec brio, puis le glissement du petit humour fait plaisir (c'est bon pour le moral et le corps et la vie de rigoler !), on aime les répliques drôles !





Une excellente lecture pour une histoire fluide, bien construite et touchante !





"Je repense à toutes ces fois où j’ai dit qu’une simple conversation derrière un écran ne suffisait. C’est faux, car ce qui se passe dans ce regard, il n’y a aucun mot, écrit au prononcé, qui peut le décrire. Il me sourit et je ressens la profondeur de son sourire dans chaque molécule de mon être."




mercredi 5 juin 2019

Chronique : L'Arrache-mots



Autrice : Judith Bouilloc

Editions : Hachette

Nombre de pages : 280 pages

Date de sortie : 22 mai 2019

Prix : 15,90 euros

Résumé :


  « La phrase s’écoula de ses lèvres lentement, intelligiblement. Les enfants retinrent leur souffle. Au cœur de la bibliothèque de Pergame, la magie opéra encore une fois. Les caractères se décollèrent de la page en tremblotant, ils virevoltèrent sous le nez de la jeune femme avant de dessiner quatre silhouettes distinctes. Les gamins pouvaient reconnaître le marchand d’habits accoutré d’un magnifique pourpoint, et ses trois filles, dont l’une était vêtue avec moins de fanfreluches que les autres... c’était la Belle. »


La jeune Iliade a un don merveilleux : le pouvoir de donner vie aux mots et aux histoires. Ce don fait d’elle la bibliothécaire la plus célèbre de tout le royaume d’Esmérie.

Le matin où elle reçoit une demande en mariage presque anonyme, elle n’est sûre que d’une chose : son prétendant est un membre de la famille royale !
Bien décidée à comprendre qui s’intéresse à elle et surtout, pourquoi cette personne lui propose un contrat de mariage si avantageux, Iliade se rend dans la capitale. Là-bas, elle découvre les fastes de la cour… et la froideur de son fiancé. Pourtant, elle finit par s’attacher et à lui et se retrouve, bien malgré elle, propulsée au cœur d’intrigues et de complots auxquels rien ne la préparait.





Mon avis : 


Étant donné le peu de livres qui attendent d'être lus dans ma bibliothèque, je me suis promenée sur Net Galley et j'ai découvert le résumé de L'Arrache-mots proposant de nombreux ingrédients pas trop dégueu, voir même très goûteux : une héroïne qui adore les livres (et qui arrive à donner vie aux histoires rien qu'en les lisant à voix haute ! Quel don plus fantastique peut-il exister ?! (Pas la peine de répondre, la réponse est évidente : aucun.)), un mystérieux inconnu prétendant, un monde magique !!! Avec tout ça, comment ne pas être emballée comme une cerise frétillante ?

Merciii Net Galley et les éditions Hachette pour cette lecture, inclue dans le #ChallengeNetGalleyFR !




Il faut savoir que l'autrice s'est inspirée de La Passe-miroir (quoiii ? Tu ne connais pas ? Je t'accorde 3 secondes (et pas plus !) pour aller découvrir cette fabuleuse saga, allez, va vite, elle vaut 100000000 fois le coup !), mon cerveau a sûrement dû s'en apercevoir durant ma lecture, mais lorsque j'ai lu une chronique mentionnant cette influence, j'avoue avoir été surprise ! (Cerveau douteux) (Puis après, ça m'a paru logique car y a pas mal de liens qu'on peut faire). J'tenais à préciser ce point avant que certain(e)s montent sur leurs grands chevaux (ou ânes, zèbres, girafes, crocodiles (ces derniers se feraient dévorer, une grande perte ? (bouhhhh quelle méchante je suis)), nan mais comme ça vous êtes au courant ihi !



Iliade (et l'Odyssée ? Allez, je sors, blague douteuse pas drôle bonjour - au revoir) est une jeune femme douce et rêveuse qui vit de lectures. Elle est bibliothécaire et partage son fabuleux don avec son lectorat dès qu'elle lit une histoire : les mots s'envolent dans les airs pour former les personnages, les paysages, l'histoire de raconter grâce à l'imagination de la conteuse ! (Pourrais-je avoir ce don moi aussiiii ?) J'ai aimé son caractère franc et honnête, deux qualités pouvant côtoyer la douceur (oui oui, tout ceci n'est point incompatible). C'était chouette d'avoir une héroïne qui ne perde pas la tête au milieu de toutes les richesses offertes par la capitale, et plus particulièrement celles du palais royal. Elle reste fidèle à elle-même et ses valeurs, accompagnée de sa flamboyante grand-mère qui ne connait pas les pincettes et n'hésite pas à exprimer tout haut ses plus profondes pensées souvent sur un ton bourru, mais son amour et volonté de protéger sa petite fille faisaient chaud au cœur !!


Iliade adorant les livres, plein plein plein de références livresques sont disséminées au fil des pages, et pas pour faire jolie ou tâche hein ! Chaque titre s'entremêle impeccablement à l'histoire, à ce qu'il se passe au moment présent : c'était top de chez top ! De nombreux classiques sont mis en avant et j'avoue que (sur le moment maintenant !!!) je suis re motivée à découvrir certains titres vu comment Iliade en parlait, avec tant d'amour, de joie et de fascination...



" - (…) Je suis convaincu que la lecture est la clé de la connaissance et de la réussite."



L'univers était incroyable -ment magique, une exquise dame blanche sérieux (je ne parle pas de la mystique femme ou légende réelle ?, mais de la glace voyons (miam miam), mais vous commencez à me connaître, j'suis sûre que vous vous en doutiez ! La nourriture vous avait manqué ?). Le monde fantaisiste inventé est  riche mais pas assez développé : il m'a manqué des détails au niveau de la description des lieux par exemple, je m'imaginais la scène mais il manquait des éléments pour que je sois complètement dedans. L'autrice ne s'attardait pas assez sur les évènements, actions, endroits à mon goût !
Par exemple, on assiste à un procès aux côtés d'Iliade et il est dit que le plaidoyer du juge est très convaincant mais très peu d'échanges nous permettent de le constater, ce qui est dommage... J'aurais bien aimé découvrir ces joutes verbales !! 


L'univers recèle donc un fort potentiel, et avec quelques pages supplémentaires, j'aurais eu un coup de cœur ! Un peu triste que le récit ne soit pas plus long : l’esquisse est belle mais mériterait d’être plus travaillée. Le don des personnages aurait pu être plus approfondi et mis en avant, mis à part pour celui d'Iliade qui est super bien développé !




Et la romance ?  J’y viens, j’y viens, patience… Il s’agit d’un point central important puisqu’Iliade quitte son nid douillet pour une lettre évoquant une demande en mariage ! D’ailleurs, le jeune (ou vieil ?) homme se laisse désirer et ne rencontre Iliade que bien des semaines après son arrivée à la Cour… Leur première rencontre catastrophique (et bizarre faut le dire) m’a bien fait rire ! Leurs échanges sont tumultueux, non synonyme de paix au début, mais ils apprennent peu à peu à se connaitre et j’ai adoré ces moments. En plus, j'ai été surprise par l'époux plus d'une fois ! Ils possèdent également tous les deux une personnalité bien nette, un caractère fort, alors les étincelles ne manquaient pas de fuser ! 
C’est bien en passant du temps ensemble, en discutant qu’on apprend à se découvrir : les premières impressions peuvent être aussi trompeuses que les apparences.



" - C’est toujours le moment de lire, monsieur ! Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de livres qui sortent chaque année dans les librairies ! Le chiffre est vertigineux ! Une centaine de vie de lecture ne suffirait pas à épuiser le patrimoine mondial de la littérature. Il n’y a pas une minute à perdre !"



Autres petits couacs : la fin un peu facile avec un méchant pas très nuancé : j’aurais bien aimé que sa personnalité soit plus complexe. Cela ne m’aurait pas non plus dérangé qu’on s'attarde davantage sur certains personnages (secondaires !) sur le long terme, pas en les mettant en avant une fois par-ci par-là, quand ça arrange (pas coollllll) (tout le monde mérite d’être le héros de sa propre histoire).



Sinon, l’histoire possède une dimension politique fort intéressante et que je recommande ! Les idées politiques apportent réflexion et m'ont fait penser à mes cours (surtout en histoire avec les différents régimes évoqués, majoritairement en Europe). De plus, j’ai trouvé la position du roi singulière : il me semble que peu de livres mettent en avant un roi prenant ce parti.



Pour conclure, je recommande tout de même cette douce histoire prenante, lue en moins de 24 heures (le rythme tient en haleine), qui fait du bien au moral ! L’écriture un brin poétique est agréable à lire et le clin d'œil de l'autrice avec la lettre de l'Iliade située à la fin du roman m’a plu : je suis bien d'accord avec elle aha ! (Faut lire ou avoir lu le bouquin (private reference, sorry-not-sorry.)) Dommage pour le manque d’approfondissements...




Une bonne lecture pour de chouettes références littéraires et un univers magique !




" - Les livres vont te tuer.
 - Au contraire, les livres me délivrent de l’accablement, rétorqua Iliade."