mercredi 16 septembre 2020

Chronique : Mers Mortes #PLIB2020




Autrice : Aurélie Wellenstein 
 
Editions : Scrineo

Nombre de pages : 368 pages

Date de sortie : mars 2019

Prix : 17,90 euros

Résumé :

  "
Les humains ont massacré les mers et les océans. L’eau s’est évaporée ; les animaux sont morts. Quelques années plus tard, les mers et les océans reviennent. Ils déferlent sur le monde sous la forme de marées fantômes et déplacent des vagues de poissons spectraux, tous avides de vengeance. Les fantômes arrachent leurs âmes aux hommes et les dévorent. Bientôt, les humains eux aussi seront éteints… Leur dernier rempart face à la mort : les exorcistes. Caste indispensable à l’humanité, les exorcistes sont bien entendu très convoités. L’un d’eux, Oural, va se faire kidnapper par une bande de pirates qui navigue sur les mers mortes à bord d’un bateau fantôme. Voilà notre héros embarqué de force dans une quête sanglante et obligé, tôt ou tard, de se salir les mains…"

#ISBN9782367406602




Mon avis :


J'étais impatiente de découvrir une histoire d'Aurélie Wellenstein au vu des nombreux avis flatteurs qu'ont reçus ses romans. Je ne suis pas fan des récits sombres, mais lorsqu'il y a de véritables engagements, des messages forts qui sont passés, des thèmes importants qui sont traités et que l'écriture de l'auteur(e) est appréciée, ma curiosité lève son museau de son dodo... 
Merci Le PLIB d'être passé par là, bébé curiosité est heureux d'avoir eu son biberon. Il est reparti roupiller en attendant d'être à nouveau rassasier grâce à un nouveau repas signé Aurélie Wellenstein !




Le ton est très rapidement donné : l'humain a encore fait n'importe quoi, mais cette fois-ci, il est peut-être allé trop loin car plus d'océan, plus de mer, plus d'eau... Pour les fans de bronzette, don't worry, y'a de la place pour jeter sa serviette de plage maintenant, sable ou sel sans fin en vue, c'est possible dans Mers Mortes (le Sahara n'a plus qu'à faire ses valises) ! Qui est readyyyyy pour une compétition de châteaux de sable ? 
L'eau étant la base pour que la vie s'épanouisse, plus grand monde se bouscule donc sur les trottoirs. Si les musées étaient restés debout, les animaux marins y auraient probablement élu domicile. Enfin, les Hommes leur auraient sûrement attribué ce lieu comme cimetière dernière demeure. En attendant, ils n'ont pas dit leur dernier mot puisqu'ils réapparaissent lors de marées fantômes fatales pour les survivants qui crament comme des lézards sur leur transat (ou pas)Effleurement d'une raie manta et paf, au tour de l'humain de rejoindre l'au-delà ou de devenir zombie si la poisse lui colle à la peau... Bim bam boum, la nature se rebelle enfin !, voilà où mène la destruction... 

C'est là qu'apparaissent les exorcistes, capables de créer des boucliers protecteurs contre ces reveneurs vengeurs. Oural est un exorciste. Fidèle à son poste, il protège sa communauté depuis pas mal d'années. Petite routine qui l'ennuie, lui qui aimerait voyager, découvrir ce qu'il se cache derrière les remparts de sa cité, s'il reste d'autres rescapés comme son peuple. D'une façon imprévue, son train train quotidien va être déchiré par l'arrivée de pirates kidnappeurs : une nouvelle vie commence pour notre héros peu désireux de coopérer avec ses ravisseurs...
  


J'ai adoré être embarquée dans cette aventure palpitante ! J'ai été happée par l'intrigue autour des marées d'animaux fantômes, du bateau pirate et de son mystérieux capitaine (Bengale) accompagné d'un sacré équipage. Les personnages sont intéressants à découvrir, chacun à son passé souvent triste et horrible, mais pour les moussaillons, j'ai trouvé que leur présentation faisait catalogue : à un moment précis, ils déballent leur vécu, puis ensuite, ils retournent à leurs affaires. J'aurais bien aimé assister à davantage de moments passés sur le bateau, qu'on nous rapporte plus de détails, de descriptions, de dialogues entre eux, ce qui leur aurait permis de s'installer de manière plus confortable dans notre p'tit coeur ! 



Même si les personnages secondaires ne sont pas assez apparus pour bibi (c'est moi, pas la voisine hein (d'ailleurs, j'sais pas ce que foutent les voisins du dessus, s'ils répètent leur chorégraphie de rhinocéros, buffle ou mammouth, ou s'ils jouent à Just dance, mais va falloir prendre exemple sur le vol SILENCIEUX des plumes, j'ai pas signé pour du tapage nocturne, merci (faut pas abuser, j'vais pas les remercier d'apprendre le savoir-vivre nan plus) fermez-vos-bouches-pieds-au-revoir.)), j'me suis attachée sans sushi (miam, qui a un creux maintenant ?) soucis à Oural. Il m'a fait bien rire quand il tenait tête à Bengale qui-essayait-de-rester-zen-tout-en-succombant-parfois-au-bouillonement, c'était excellent ! Oural m'a plu dans son évolution : on le voit hésiter, se perdre dans le labyrinthe de ses certitudes, se demander si le capitaine est fou ou non... Un héros au caractère bien trempé et qui ne se laisse pas faire ! Par contre (ouais, Madame Râleuse est de sortie), il m'a manqué des compléments sur les prophètes, des infos sur la provenance de leurs pouvoirs (sorry, c'est pas dit ça... Enfin, mis à part si j'ai loupé des pages, ce que je ne crois pas, je lis pas en diagonale nan mais, vous me prenez pour qui).



Je n'ai pas encore parlé de mon personnage favori pardi ! Il s'agit de la delphine Trelia !!! A chaque fois qu'elle apparaissait, un bête sourire niais s'affichait sur mon visage. Son caractère taquin et protecteur envers Oural m'a conquise !!! Le retour de Madame Râleuse Dommage qu'on n'assiste pas à plus de moments passés entre les deux amis. Dans le passé, ils semblent avoir vécu plein de choses, j'ai kiffé ça, mais dans le présent, Trelia aide Oural à lutter contre les fantômes poissons, puis voilà... C’est répétitif quoi, snif snif.



Pour revenir vite fait au capitaine Bengale, sachez qu'il m'a intriguée et que j'étais curieuse à chaque fois qu'on nous révélait des choses sur lui-même, son passé,... Je n'ai juste pas aimé son désir de contrôler Oural, je trouvais ça toxique de le traiter tel un objet, genre tu es à moi, fait ce que je dis, bla-bla-pas-sain. Normal qu'il soit énervé qu'Oural lui tienne tête et ne le respecte pas c'est son prisonnier okkkkk, mais en même temps, c'est pas en donnant des ordres, en lui imposant ce qu'il devrait penser et ressentir qu'Oural va courber l'échine ou le regarder sans haine !



Un autre aspect génial de cette histoire : l'engagement pour la nature et les animaux. La barbarie des hommes est dénoncée à travers des scènes qui m'ont retourné l'estomac, larmes qui perlent au coin des paupières... Ce qui est encore plus dur-affreux, c'est de savoir que ces actes ne peuvent se rapporter au passé, mais se déroulent encore en ce moment même. Y'a pas de mot pour retranscrire ma colère-dégoût-rage-haine envers ces humains d'une cruauté sans équivoque. La souffrance qu'ils infligent devraient leur être retournée à ces bandes de misérables (ouais, je-suis-vénère / les-hommes-ont-tendance-à-me-faire-voir-rouge (heureusement qu'il y a des gens cool (toi-qui-lit-ces-mots-j'en-suis-sûre-coeur-sur-toi), merci d'exister, la vie n'aurait aucun sens autrement)).



« Qu’avait-il donc à vouloir poursuivre la tuerie ? Au nom de quoi, de quelle folie ? La haine était un cercle dont il fallait sortir. »




Pour conclure, je vous recommande sans problème de suivre Oural (ou Bengale ?) dans son périple (ou sa folie ?), à la conquête des mers fantômes (ou d'un mythe ?). J'espère que l'écriture fluide et captivante de l'autrice saura vous conquérir ! Puis pour les thèmes abordés, il me parait essentiel de lire ce titre ! J'aurais pris mon pied à étudier cette histoire en cours sérieux, si des profs passent par là, penchez-vous dessus car y'a pas mal de choses à dire et ça change de Zola, même si j'ai rien contre ce monsieur, mais bon, Mers Mortes pourrait très certainement davantage ++++ capter l'attention des jeunes et leur donner envie de lire d'autres histoires ! Pas que Zola coupe l'envie, mais bon... L'indigestion n'est pas loin quoi, même si ce qu'il écrit n'est pas inintéressant hein ! Bref, un voyage dont l'on n'en ressort pas indemne...





Une excellente lecture !



« Quant à Bengale, il lui avait appris que le plus important n’était pas le temps qui reste, ces dernières années de survie vaine et imbécile, mais la façon dont on existe. Désormais, son existence avait un but. »




5 commentaires:

  1. Je suis beaucoup moins enthousiaste que toi face à ce livre parce qu'hormis le message qu'il transmet qui est touchant et important, je n'ai pas aimé grand chose. Je n'ai pas aimé les personnages sauf Trellia.
    Moi aussi j'ai trouvé que l'insertion de la vie de l'équipage faisait un peu catalogue. Leurs histoires sont touchantes mais elles sont un peu mal amenées. Je suis d'accord aussi en ce qui concerne l'origine des pouvoirs. On ne sait pas trop d'où ils viennent.

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  2. Les avis positifs sur les romans de l'autrice me rendent également curieuse de lire ses écrits ! :)

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  3. Je suis grave d'accord pour l'étude de ce texte en cours ! Je pense qu'il y a tellement de choses qui peuvent en ressortir !

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  4. Waow j'ai pas les mots pour dire à quel point j'adore ta chronique, c'est à la fois drôle et très bien écrit. Je suis du même avis sur la plupart des choses que tu as avancé dans ton avis, j'ai juste plus de mal avec les deux personnages principaux que j'ai moins apprécié et le fait que l'équipage est carrément laissé de côté... Tristesse comme un coup de vent il passe. Et puis Trellia quel dommage comme tu l'as dis qu'elle soit pas là dans des moments cruciaux et qu'elle sout surtout là juste pour protéger blablabla Oural. En tout cas clairement ce livre est très engagé dans les idées qu'il défend, ce que j'ai bien aimé. :)

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  5. Je suis bien contente de lire ton avis sur ce roman, car je m'y retrouve plutôt bien! Je l'ai lu en début de mois et globalement il m'a bien plu. Par contre on en parle de cette fin?? Je ne m'attendais tellement pas à une telle conclusion !!

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Merci pour ton passage !