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dimanche 31 octobre 2021

Chronique : 2040 : coquelicots et bleuets

  

Autrice : Colline Hoarau

Editions : NomBre7

Nombre de pages : 164 pages

Date de sortie : 13 août 2021

Prix : 13,50 euros

Résumé :


  "Au cœur de la société française de 2040, Mahavel, une jeune femme de 20 ans, fait une rencontre qui risque de définitivement bouleverser sa vie. Jour après jour, elle est amenée à se questionner sur son passé, son présent et son avenir, mais aussi à voyager entre sa région natale, la Bretagne, et sa terre d’origine, l’île de la Réunion. À travers un cadre spatio-temporel à la fois historique et futuriste, Mahavel nous emmène à la découverte de son histoire familiale.  

Des nouvelles technologies à la santé, en passant par l’éducation et l’alimentation, Mahavel fait un bond dans le temps qui nous fait réfléchir et prendre conscience des enjeux majeurs actuels."






Mon avis :

Lorsque Colline Hoarau m'a proposé de découvrir son nouveau roman, je n'ai pas hésité une seconde à lui partager mon enthousiasme à l'idée de retrouver sa douce plume tout en faisant la connaissance de nouveaux personnages ! 
Merci beaucoup pour cette belle lecture !


Comment imaginez-vous le monde dans 20 ans ? Aux côtés de Mahavel, nous découvrons ce qu'est devenue la société (prenant ses racines dans le présent et le passé de la notre) en 2040 : la technologie est encore plus omniprésente et quadrille la majorité du quotidien des habitants. C'était impressionnant et passionnant de lire ligne après ligne les changements, les nouveautés qui agrémentent la vie dans ce futur-là ! 


Mahavel a un cadre de vie laissant peu de place à l'imprévu : tout est ordonné afin de mener une existence "optimale" correspondant à ses goûts et ses capacités. Dès leur plus jeune âge, chaque enfant est considéré à sa juste valeur avec sa personnalité et ses appétences analysées prises en compte. En fonction de tout ça, il est dirigé vers des cours et des matières susceptibles de l'intéresser et de developper ce qui le fait vibrer. Aucun individu n'est laissé sur le bord de la route car chacun peut apporter sa pierre à l'édifice : tout est fait pour les gens s'épanouissent et se sentent soient utiles à la communauté, ce qui se fait en explorant ses facultés, en travaillant ses points forts, en se focalisant sur ce qui nous singularise.


L'autrice révèle une nouvelle société riche et incroyable à saisir dans son fonctionnement. De nombreuses réflexions sont proposées, notamment au travers du point de vue de notre héroïne aux idées bien ancrées mais non sans rester ouverte aux richesses que le monde a à offrir. On apprend comment le passé a permis d'en arriver là, l'impact de certaines décisions et de pensées, de notre mode de vie "général" (à nous, lecteurs qui lisons cet ouvrage). J'effectuais de nombreuses petites pauses durant ma lecture pour réfléchir à ce qui était dit, aux changements opérés, à ce futur aux allures d'utopie qui admet bel et bien des failles... Par exemple, le contrôle de la technologie sur la vie de Mahavel me faisait un brin flipper même si la présence d'une IA permet d'optimiser son bien-être, son hygiène de vie, etc., en plus d'éviter des pertes, en insérant tout ça dans une pratique écologique le but étant de fixer un État durable qui permet à chacun de se réaliser au mieux tout en servant, contribuant à la communauté dans un cadre de paix et soucieux de notre chère planète. 


Ainsi, de nombreux thèmes sont abordés (économie, politique, technologie, sciences, migrants, environnement, énergies renouvelables, le partage des ressources,...) et mélangés aux personnages : Mahavel, ses deux mères, sa grand-mère de la Réunion, le mystérieux garçon,... On rentre sans aucune difficulté dans la p'tite existence de l'héroïne et c'est même avec curiosité que j'ai suivi son partage d'idées et de valeurs. L'autrice entremêle avec brio vie personnelle et organisation de la société, puis en parallèle on découvre une autre communauté qui est celle dans laquelle évolue le mystérieux garçon qui rentre dans la vie de Mahavel aussi délicatement qu'un papillon se déposant sur une pâquerette... J'ai adoré tout ce partage installé confortablement par Colline Hoarau : les détails dévoilés sur la famille de Mahavel, la personnalité de ses deux mamans, leur rencontre, leurs mystères, leurs origines,... Pareil pour le garçon avec ses ancêtres liés à une personnalité d'antan importante ! 


Pour terminer, 2040 : coquelicots et bleuets est une lecture qui se savoure comme un carré de chocolat qu'on laisse fondre sur la langue... On ne peut qu'être touché par le profond respect et amour qu'éprouvent l'héroïne et Colline Hoarau (par son biais) pour la nature, la Bretagne et la Réunion ! J'étais ravie de retrouver l'écriture fluide, un peu soutenue, au ton apaisant de l'autrice qui alterne son récit de chapitres plus ou moins longs ou courts, un rythme aussi agréable, envoûtant qu'une berceuse chantée avant de s'envoler dans le pays des rêves... Sans oublier toutes ces petites phrases qui piquent le coeur d'une douce vérité chatoyante !


" - Passe du temps avec les gens que tu aimes, Mahavel. C'est de loin le plus important dans notre existence."


Juste dommage qu'il n'y ait pas de bibliographie : un véritable travail de recherches a sans nul doute été effectué et j'aurais été curieuse de connaître les sources (notamment pour le passé de Ferdinand) !



Une excellente lecture !




"En voyant défiler sa vie, il est sûrement bon de savoir ce qu'on a fait de ce chemin. A-t-on aidé, regardé parfois les autres ? A-t-on donné, ne serait-ce qu'un peu de temps parfois ? Le bonheur, ce sont ces instants partagés avec d'autres, de rires et d'émotions. Considérer les autres aide à ne pas nous occuper de nos petits bobos."

 


lundi 24 août 2020

Chronique : PLS



Autrice : Joanne Richoux ♥

Editions : Actes Sud Junior

Nombre de pages : 99 pages

Date de sortie : 5 février 2020

Prix : 13 euros

Résumé :


"
– T’es en train de mater mes boobs ?
Je pourrais mentir.
– De ouf.
Je mens jamais.
Elle s’approche, prend ma clope et la balance sur les dalles. Nos doigts se sont effleurés, ça vaut bien le sacrifice d’une cigarette."


Soirée déguisée. 
Sacha navigue chez lui entre sa sœur jumelle, la fille dont il est amoureux et ses amis. De pièce en pièce, il traîne sa mélancolie et noie ses démons dans les volutes de fumée et les vapeurs d’alcool. Jeux de regards, frottements des corps, plaisirs furtifs, assauts repoussés… Le temps s’égrène, se dilue. Lui avec. Bad trip ? Et si une lumière brillait quand même au bout de la nuit ? Un roman noir, au verbe vif et cru, qui sonde les solitudes adolescentes, les fêlures de chacun, mais fait aussi entendre l’urgence d’aimer et d’être aimé.





Mon avis :


OK. OK. OK. On se Je me caaaaalme, on je respire un grand coup.... *UNNOUVEAUBÉBÉDEMADAMERICHOUX* *HYPERVENTILATION* *LÉNADANSL'EXCÈS?!NAAAAHJAMAIS*
Voilà l'effet que me fait la sortie d'un livre écrit par une autrice chouchou... Je ne vous parle pas de mon état lorsque j'ai découvert PLS dans ma bal (une fois l'enveloppe ouverte of course, je n'ai pas encore la faculté de voir à travers la matière (peut-être un jour, qui sait...)), un grand merci à Joanne Richoux et aux éditions Actes Sud Junior pour cet envoi qui m'a rendue de dingue !



J'vais essayer de vous pondre un avis sur cette lecture qui fait dérailler les boussoles, le nord se perd à l'ouest et l'est s'installe au sud... J'appréhende, je cherche, je m'arme de chocolat du dico pour fracasser - aplatir mes doutes en priant pour que les mots ne me fuient pas... Coup de poing en plein thorax, souffle coupé, histoire intense... Même lors d'une deuxième lecture, impression de découvrir certaines phrases pour la première fois, bonheur de se laisser emporter-bouleverser-fractionner par une si belle écriture qui décrit si bien l'environnement, ce qu'il se passe, ce que ressentent les personnages, en particulier Sacha, le protagoniste.



Sacha. Angie. Elle. Naissance d'êtres au corps d'encre, esprit de mots, sortis de l'envoûtante plume de Joanne Richoux (j'vais lui créer un culte, qui me suis ?!), bienvenue à eux dans notre imaginaire. Le temps d'une soirée, le temps d'une vie, le temps d'une seconde, le temps d'une heure, le temps d'une nuit, on suit Sacha le réceptionniste, le déambulateur, le danseur, le dragueur, l'amoureux, l'anxieux, le sensible, le frérot, le tatoué, le désabusé, le protecteur, le fumeur, un ado fossette-secret-mignon-cassé auquel il est difficilement impossible de ne pas s'attacher, de rester indifférent à ses états d'âme, ses pensées, son passé-présent-futur... 



Dans cette ambiance de fête, le salon devient bulle de champagne, poke ça pétille ! où tout s'enchaine, tout s'enchevêtre à travers la musique, les corps qui sautent, se frôlent, se percutent, se désirent, les regards qui se cherchent pour mieux s'éviter, qui s'évitent pour mieux se retrouver, les gloussements, les bla bla, les rires, les pleures... Moment échappatoire ? Routine qui se fêle ? Illusion nourrie par les déguisements des ados, le vampire et Buffy finiront-ils par succomber à la haine, la peur ou l'amour ? Ou tous à la fois ? Attirance hypnotisante qui donne des palpitations-sourires-espoirs-déceptions-une-larme-salée-solitude-qui-devient-deux...



Est-il possible de dire que les personnages sont parfaits dans leurs imperfections ? 
On sent le mal être de Sacha, mais d'où vient-il ? Qu'elle est la cause de sa dépression ? De ses vides ponctués de profonds moments d'extase, d'ivres euphories ? Vous le découvrirez en lisant PLS *smiley grand sourire auréole d'ange* (j'vais pas tout vous dévoiler non plus)... Mais sachez que la révélation m'a broyé le coeur et une rivière de larmes n'était pas loin d'inonder le pays... Une bouffée d'empathie pour ce jeune héros n'a pas manqué de tout submerger, câlin indéniable...



" - Sérieux, qu'est-ce que t'as ? T'es en mode désastre sublime ?"



En mixant avec brio sensations, sentiments et émotions, Joanne Richoux crée des personnages puissants, souvent différents de nous sans pour autant que se dresse un mur opaque, ou même une frêle barrière qu'une bourrasque de vent briserait sans peine, entre eux et nous, lecteurs... On ne reste point à l'écart tel un enfant puni au coin. Il est même plutôt facile de s'approcher de ces êtres de papier, de comprendre (et aussi (!) parfois de se retrouver dans) leurs peurs, joies, rêves, colères, espoirs et désespoirs,... 

C'est ce qui me plaît tant dans les récits de cette autrice, non seulement son écriture, mais également tous ces protagonistes auxquels elle lègue un souffle de vie unique, particulier, qui vient se coincer lors d'une de nos multiples inspirations... But : faire leur nid dans nos poumons-artères-ventricules, de nos pieds jusqu'au bout de nos doigts, envahir notre sang, toucher notre âme en y laissant une trace ineffaçable, une caresse inoubliable...



Le vocabulaire employé est cru, le ton incisif mais non dénué de poésie. Ce n'est pas vulgaire, peut-être un peu, mais un soupçon de douceur (aigre-doux-piquant) embaume le tout... Le chagrin côtoie les ténèbres d'où perce une faible lueur telle une bougie luttant contre le gouffre d'une nuit sans fin. Cet éclat, c'est l'amour, c'est Elle, c'est l'espoir en un possible futur...



"Ça me traumatise, sa façon d'entrer en contact avec les choses. Ma sucette, l'eau, son top taché. Quand elle fait des gestes, c'est doux. Ses mains sont des abeilles miniatures qui butinent.
Cette meuf, je pourrais la regarder toucher des objets pendant des heures.
Des fruits, un Rubik's Cube, des cailloux.
Moi."



Se succèdent diverses odeurs, divers goûts : cigarette, praline, sueur, vins douteux, baiser goût sucette, vomi, vodka caramel, figue,... Certains se glissent sur la langue, tandis que d'autres nous effleurent à peine (je ne préfère guère m'appesantir sur le vomi, c'est pas des plus exquis). Les déguisements renforcent le côté festif-mystérieux-drôle, cette envie de se glisser dans la peau d'autre(s) ? Les jeunes s'amusent, profitent de l'instant T, se laissent emporter par les effluves des fumées toxiques, les mélanges alcool-adulte et jus-de-fruits-réminiscences-de-l'enfance n'épargnant pas pour autant cette brume qui dilate les sens, qui envahit l'esprit s'emmitouflant dans monsieur coton. 




Pour conclure, j'ai été happée par ce court récit qui prend aux tripes et qui déverse une vague d'émotions qui colle à la peau... Sacha se perd dans l'alcool, les plaisirs, ses sombres pensées... Il surveille sa soeur du coin de l'oeil, s'enflamme en compagnie d'Elle, s'enlise en nous... Il dérive, abandonne, lutte, nous touche en plein coeur ! Lil Peep et sa mélancolie en fond sonore... 




Un coup de coeur !



"Tiens, un flash.
Un truc de gamin ; un autre moi-même.
Y a une odeur de pâte à modeler, la sensation d'un tissu à imprimés géométriques sous mes doigts - le fuseau d'Angie - et une crépitation dans le ventre, au générique des Razmoket.
La vie était simple.
Genre, évidemment. Le bonheur se résumait à bouffer des Chocapic.
Mais surtout, la vie était plus réelle. Je sais pas, immédiate. Et puis en couleurs. Il se passe un truc sale quand on grandit. Un voile de poussière qui ternit et complique les choses."



jeudi 9 juillet 2020

Chronique : Les courants d'air

  

Autrice : Nathalie Bianco

Editions : Auto édité

Nombre de pages : 237 pages

Date de sortie : 4 juin 2019

Prix : 12,90 euros

Résumé :

  "Comment reconstruire sa vie, quand on est une quadragénaire fraichement divorcée, flanquée d’une sœur ainée loufoque, qui aime le whisky et Dominique de Villepin, d’un « Adokon » qui préfère dégommer des ennemis dans Call of Duty plutôt que de préparer son bac, de prétendants Tinder qui postillonnent des miettes de pizzas, d’une bande d’amis fêtards et déjantés, d’un chat rebelle autoritaire et bourré d’antipuces et d’un petit dernier qui se prend pour Chuck Norris ? Comment concilier son projet de ressembler à l’élégante Inès de La Frjessange avec sa passion pour la cancoillotte et le vin rouge ? 

Entre crises de rire, tranches de vie, aventures hilarantes et accès de nostalgie, entre l’avenir à construire et le passé à archiver, il faudra beaucoup d’humour et d’amour à Nahéma pour réussir le grand saut vers une nouvelle vie…"





Mon avis :


Comment ai-je découvert cette couverture aussi douce que pimpante au virevoltant titre alléchant ? Tout simplement grâce à un mail tout choupi de l’autrice, qui comportait une image originale présentant quelques bulles d'avis enjoués ! L’histoire me semblait parfaite pour s'aérer l'esprit (entre deux cours (oui, car j'ai reçu et lu ce livre l'automne dernier, oupsi), rien de meilleur), alors c'était parti !

Un grand merci à Nathalie Bianco pour m’avoir permis de découvrir Nahéma !




J’vais commencer par un point qui m’a perturbée (ouais carrément) lorsque je me suis immergée dans le bain de ma lecture, à savoir : l'eau froide (quoique vu comment le Soleil a commencé son show (chaud, aha, flamboyant jeu de mots n'est-ce pas ?!) ses derniers jours avec ses rayons lasers, bonjour la fournaise, ce serait plutôt rafraichissant) la non justification du texte (esprit façonné à coup de massues que les profs assènent de toute leur force sur nos pauvres cerveaux tout neufs, rabâchage rabâchage, la leçon finit par se graver dans la pierre-esprit (pas ma faute quoi, et non je ne suis pas faible de m'être laissée polir ainsi, nan mais, ça suffit les jugements)). Mais au fil des pages, je n’y faisais plus attention, rassurez-vous, le récit a réussi à capter toute mon attention !

PS : l'autrice m'a soufflé que le texte a été corrigé et maintenant, il est dispo avec une mise en page toute bien alignée, si ce n'est pas beau tout ça !




Sinon, pour parler de l’histoire, on suit Nahéma qui découvre un sacré virage puisqu’elle vient de divorcer. Nouveau lieu de vie, enfants à gérer seule et émotions aussi positives que négatives feront partie du déménagement. Le récit est écrit d'une manière originale puisqu'il nous parvient sous forme de mails envoyés par l'héroïne à ses amis, sa famille, ses collègues,... (ceux de ses interlocuteurs ne nous parviennent jamais, pourtant, j’ai la fibre !) C'était très sympa de découvrir le quotidien, les péripéties, les pensées et émotions de Nahéma ainsi ! 

 


On appréhende donc tous les autres personnages depuis son point de vue, une particularité qui offre quelques difficultés pour se faire notre propre opinion sur les proches et non proches de cette maman pétillante, mais c’est bien mené, les mails sont précis et remplis de détails, de petits joies, de tracas, de descriptions ou d'idées qui font que c'est ça, la vie ! Ce que j’ai adoré !




Nahéma, ah Nahéma !, quelle héroïne ! Drôle, elle ne tient guère sa langue dans sa poche et goûte à un arc-en-ciel de saveurs différentes : bouillon d'euphorie, crème de doute, tacos sauce banalité, rhum de langueur, riz monotonie, pêches de joie, muffins d'amour,… Un personnage très humain et attachant ! Ce n’est pas une soldate ou militante engagée corps et âme dans une cause, c’est une mère de famille, une femme divorcée, une amie pleine d'humour, une personne aimante,... les qualitatifs peuvent encore pleuvoir. Mais elle n'en reste pas moins une guerrière (pour supporter des gosses, y'a pas photo, direct elle reçoit une médaille) ! On est toutes des wonder woman, j'espère que vous n'en doutiez pas ! J’dis pas que c’est pas cool de suivre un protagoniste héroïque qui sauve les humains de certains de leurs fous de congénère (coucou Harry Potter et Katniss (notez mes références du turfu)), tant de courage fait chaud au coeur et inspire à donner le meilleur de nous-même ! Mais il n'en reste pas moins que ça fait plaisir de suivre d'autres personnages au vécu moins éloigné du notre (désolée de vous décevoir, je ne suis pas la prochaine Tris (quoiqu’on sait jamais, peut-être vais-je me lancer aux côtés de Greta Thunberg en tentant de raisonner les leaders de la planète comme quoi il serait préférable de revenir aux calèches tirées par des dadas (ah mince, exploitation des animaux, euh, calèches photovoltaïques fonctionnant grâce à Mr Soleil alors ?) au lieu de piquer tout le pétrole qui est en plus en train de tout tuer, balèzes les humains, on sera la cause de notre propre extinction)).




Après, (car je suis pénible et trouve toujours des trucs à redire), j’ai eu du mal à m’attacher sans chichi à Nahéma au début de ma lecture (ça va, c’était au commencement), sûrement à cause de la différence d’âge et des attentes différentes (pour l’instant) envers la vie. Mais passer ce cap, qu’est-ce que j’ai pu sourire au fil des mails ! Son humour, ses péripéties, ses remarques… C'est juste extra et intelligent ! Puis la présence de moments plus durs, tristes, énervants, angoissants, rend le personnage encore plus humain. 



Il y a également plein de références à des faits actuels, à ce qu'il se passe dans notre société, à notre manière de vivre (comme éduquer ses enfants) qui font mouche ! On ne passe pas à côté des références culturelles et historiques ou de réflexions et propos pertinents qui ne laissent pas indifférent !





Pour conclure, cette lecture aussi fraiche que légère m'a fait l'effet d'une petite bise rafraichissante ! Je lisais par-ci, par-là, après ou avant les cours, dans les transports en commun, et pouf, mon esprit était ailleurs (même les odeurs reloues de la ville s'évanouissaient), aux côtés de Nahéma qui m’invitait dans sa bulle que je rejoignais sans difficulté ! L'écriture est fluide et très agréable, les pages se tournent toutes seules, le ton jongle tour à tour avec des balles enjouées, drôles, cyniques, tristes, nostalgiques,... L'autrice nous offre ainsi une nuée d'émotions et de sentiments dans lesquels il est facile de se laisser flotter travers un vocabulaire plutôt familier, juste parfait !





Une excellente lecture pour des mails qui envoient du peps et du sourire aux lèvres, qui secouent le coeur de rire et de peine, qui montrent des chemins de vie !




"Tu penses peut-être que je raconte n'importe quoi, mais c'est vrai que plus je vieillis, plus je me sens émue, touchée par des détails. J'ai souvent l'impression de m'être endurcie avec le temps et, paradoxalement, j'ai acquis une forme d'hypersensibilité. Je ne sais pas si je suis claire ni si ce que je raconte te parle. Est-ce que ça te fait la même chose à toi aussi ?
Par exemple, en ce moment, je me sens émue par des choses totalement insignifiantes : je pars de chez Samia, elle veut que je lui envoie un texto quand je suis rentrée, même si c'est tard. Elle dit qu'elle ne dormira pas sinon... Ou quand j'ai constaté que Camélia avait enregistré mon numéro dans son répertoire en mettant Maman avec 3 coeurs rouges. C'est parfaitement stupide, mais ils me font tellement plaisir ces trois coeurs sur le téléphone de cette ado boudeuse qui communique rarement avec moi autrement qu'en soupirant ou en levant les yeux au ciel..."




lundi 16 septembre 2019

Chronique : Chambre 128




Autrice : Cathy Bonidan

Editions : La Martinière

Nombre de pages : 288 pages

Date de sortie : janvier 2019

Prix : 17,90 euros

Résumé :

  "Un roman peut parfois changer une vie.

Qui n'a pas rêvé de voir survenir un petit grain de sel romanesque dans sa vie ? Un peu de merveilleux pour secouer la routine et oublier les ennuis de bureau ? Quand Anne-Lise réserve la chambre 128 de l'hôtel Beau Rivage pour de courtes vacances en Bretagne, elle ne sait pas encore que ce séjour va transformer son existence.

Dans la table de chevet, elle découvre un manuscrit sur lequel figure juste une adresse où elle décide de le réexpédier. Retrouvera-t-elle son auteur ? La réponse, qui lui parvient quelques jours plus tard, la stupéfait...
Au point qu'Anne-Lise va tenter de remonter la trace de tous ceux qui ont eu ce livre entre les mains. Chemin faisant, elle va exhumer histoires d'amour et secrets intimes. Pour finalement peut-être se créer une nouvelle famille..."





Mon avis :

Gagné grâce à un concours organisé par le site Lecteurs.com et les éditions La Martinière sur Insta, je n'étais que joie de pouvoir découvrir cette histoire ! Même si je n'étais pas dans le bon mood lors de ma première tentative de lecture, j'y suis revenue quelques semaines après et... le coup de foudre est apparu ! 
Merci merci de m'avoir permis de découvrir ce roman captivant aux thèmes touchants !



Je ne vais pas m'amuser à paraphraser le résumé (j'ai un agenda de Ministre, MOI, mesdames, messieurs (lol en vrai j'ai rien de rien, même pour les cours. Si vous avez des planners à me conseiller, je suis preneuse... car un agenda comportant un unique jour sur chaque page, c'est trop lourd dans le sac, j'ai de gros problèmes dans ma vie)) qui en dit tout juste assez pour avoir envie de tourner les premières pages ! On va donc suivre Anne-Lise qui va entrer en contact avec l'auteur de ce livre mystérieux pour ensuite essayer de retrouver le deuxième auteur, celui ou celle qui a terminé le roman, en contactant toutes les personnes qui ont lu l'ouvrage (wahou ! Plus succinct et rapide, tu meurs) ...



J'ai vite fait évoqué une première tentative de lecture dans l'accroche car j'ai reposé ce livre alors que j'avais lu 2/3 chapitres. Je sentais que ce n'était pas le bon moment, et ne voulant ni me prendre la tête, ni me mettre la pression (au bord de la piscine, sous un Soleil éclatant de Provence... Doux souvenirs...), j'ai laissé ce roman se reposer au calme, à l'ombre. Je l'ai sorti de son sommeil léthargique après que la Terre se soit amusée à effectuer plusieurs 360°, à jouer à l'arbitre entre la nuit et le jour, et j'ai bien fait de m'écouter (c'est important de suivre ses ressentis !) puisque j'ai passé un fabuleux moment !



Qu'est-ce qui m'a plu ? Tout. Les lettres ! Ouais, tout au final. Car il s'agit d'une histoire uniquement composée de lettres (et de mails à la fin, mais pas beaucoup, alors on reste sur les lettres). On pourrait croire que c'est long, mais pas du tout ! (Quel vocabulaire varié que j'ai là, j'suis estomaquée.) Le suspense est géré d'une main de pro, et l'ennui est relégué aux oubliettes. L'intrigue est servie comme dans un restau gastro (3 étoiles au guide Michelin, le minimum), on apprend à connaitre les personnages petit à petit, comme eux ils apprennent à se découvrir. Au fil des jours et des semaines, ils s'ouvrent les uns aux autres d'une douce manière, révélant parfois un triste passé qui pèse plus ou moins sur le présent. J'ai adoré être témoin de ces liens, de ces relations qui se créent ! Beaucoup de bienveillance, de sentiments et d'émotions s'échappent des lettres ; les mots utilisés trouvent sans peine le chemin menant à notre petit cœur qui palpite de chaleur... Une véritable toile d'araignée est tissée, reliant les personnages entre eux grâce à un objet qui a chamboulé, pour la plupart, leur quotidien : un livre.




Passion, écriture, regrets, amitiés, amours, croire en soi et ses rêves, vivre pleinement ce à quoi on aspire... Plein de thèmes jaillissent de cette intrigue dirigée en partie par Anne-Lise qui s'immisce dans de nombreuses vies afin de mettre la main sur ce ou cette écrivain(e) mystère ! On a envie de savoir, de comprendre ce qu'il s'est passé, mais la curiosité s'installe également ailleurs puisqu'on on prend goût à suivre la naissance de cette chouette petite communauté !



Plus je tournais les pages, plus j'aimais ce que je lisais ! L'enquête est entraînante et l'histoire dégage tellement de l'humain ! Ce livre rend hommage à la vie, donne envie de rencontrer et de sourire aux gens. 



"P.-S. : Vous avez dit que nous avions en commun d'avoir « lu une œuvre intime et délicate qui ne nous était pas destinée ». Vous le croyez encore ? Moi, je sais qu'elle m'attendait et qu'elle est arrivée sur cette plage pour me permettre de reprendre ma route et d'avancer un peu plus loin. Il y a parfois une évidence entre un livre et un lecteur, celle-ci ne peut être due au hasard."




Des personnalités différentes sont mises en avant, mais pas trop non plus ! Il y avait tout juste ce qu'il fallait au niveau du nombre de personnages (et donc de prénoms à retenir) (je ne me suis jamais emmêlée les pinceaux, pour vous dire) ! Attachement sans difficulté, les personnages sont approfondis et fouillés, Léna aime !



Un autre point merveilleux : la plume de l'autrice ! Ses phrases sont aussi amples que belles et agréables à lire. Le ton est légèrement soutenu, mais quel régal de plaisir !!! Se laisser porter ainsi, c'était comme s'enrouler dans sa couette le soir, après une longue journée (à travailler, à bronzer sur sa terrasse en compagnie d'air venteux, cette petite canaille soufflant son haleine nature au visage) ... Du petit bonheur !




Au final, je ne vous dis pas grand chose de l'histoire si ce n'est de la lire pour comprendre ce que j'essaie de vous transmettre ! Aussi doux que poignant (car la vie n'est pas seulement peuplée d'éléphants roses), ce roman répand de l'amour à haute dose, sous plein de formes diverses... 
A la fin de ma lecture, je n'avais qu'une envie : que tout le monde lise ce récit !





Un coup de coeur qui m'a aussi bien fait monter des larmes aux coins des yeux que rigoler, envoyé de la joie tel un cachalot qui s'amuse à sauter par-dessus les oiseaux (est-ce possible ?) !




"Est-ce cela qui nourrit les écrivains et leur donne la force de se confronter à la page blanche ? Cette certitude qu'au bout de l'aventure, ils pourront sauver une personne du désespoir ? "



"C'est pourquoi je vous confie tout ceci, à vous. Parce qu'on ne sait jamais si on aura l'occasion d'aller au bout de sa confession et qu'il est rassurant de savoir que quelqu'un sait, quelque part, et que cette personne pourra perpétuer le souvenir - comme le font les livres."





jeudi 25 juillet 2019

Chronique : Si seulement Lucie




Auteur : Vincent Engel

Editions : Hachette

Nombre de pages : 240 pages

Date de sortie : 3 juillet 2019

Prix : 13,90 euros

Résumé :

  "Depuis l'enfance, Lucie porte un secret. Sa tête est pleine de "si" qui l'empêchent parfois de faire des choix. Lorsqu'elle rencontre Jim, elle voit en lui une sorte d'extraterrestre. Elle le déteste tout de suite car elle sait qu'elle pourrait tomber amoureuse de lui. 

Jim vit dans ses rêveries. Il s'intéresse à des sujets qui n'intéressent personne et vice-versa. Lorsqu'il croise le regard de Lucie, il sait qu'elle est différente des autres filles. Il sait aussi, à ce moment-là, que sa vie va changer."




Mon avis :

Parfois, un livre capte l'attention, le regard... On essaie de comprendre ; pourquoi ? ; d'où vient ce tiraillement dans le ventre qui pousse à commencer ce roman en particulier ? (Sa couverture ? son résumé ?) On se laisse tenter, curiosité éveillée, mais sans grande attente, pour au final, passer un moment aussi chouette qu'à Disneyland (ou alors que manger une gaufre couronnée d'une boule de glace saveur caramel beurre salé *à Disneyland ! Quel rêve savoureux*) !
Merciii au site NetGalley et aux éditions Hachette pour cette adorable romance !



L'histoire m'a de suite emportée grâce à la douce écriture de Vincent Engel qui laisse la voie à Lucie et Jim, deux adolescents solitaires, singuliers (par rapport à la majorité des autres jeunes) par leurs pensées, leurs loisirs ainsi que leurs manières d'appréhender la vie. Lucie déménage dans le même immeuble de Jim. Elle se sent attiré par ce dernier, mais ne veut être approchée de personne (quelle en est la cause ? Aha, je ne dirai rien !). Son ignorance et ses évitements renforcent les piques érigées sur les barrières entourant son être. Mais en s'approchant petit à petit, la forteresse se familiarise à ce nouvel individu qui ne perd pas espoir, qui persévère dans sa volonté de découvrir cette voisine qui fait vibrer son coeur...



"Je n'ai pas envie d'être liée à lui, ni à qui que ce soit. Mais les liens s'enroulent, ils ne nous demandent pas notre avis. Et on n'a pas toujours l'envie ou la force de les rompre. On les laisse s'enrouler autour de nos bras, de notre coeur, de nos pensées. Après, c'est trop tard. Et alors, pour se libérer, ça fait mal à tout le monde."



L'alternance des chapitres entre Jim et Lucie permet de les comprendre, et donc de s'attacher facilement à ces deux adolescents sensibles qui ne vivent aux côtés de parents sans problèmes... Le contexte familial de Lucie serre beaucoup, beaucoup le coeur, j'avais envie de lui faire dix câlins à la suite, sérieux ! Puis c'est loin d'être tous les jours évident pour Jim avec sa maman brisée... J'ai aimé entrer tour à tour dans la tête des deux protagonistes, même si, parfois, j'ai trouvé qu'ils se saisissaient un peu trop bien, au niveau de leurs sentiments par exemple, puis les quelques répétitions n'étaient pas nécessaires.  



Le secret que cache Lucie intrigue, et si je l'avais partiellement deviné (faut pas pousser mémé dans les orties, les soupçons finissent par se tarir au bout d'un moment, comme une cascade subissant la canicule, le torrent se transforme (tel le phoenix renaissant de ses cendres) en mince filet (moins majestueux comme allure, j'avoue)), ma lecture n'en a pas pour autant été gâchée, loin de là je dirai même ! Après, Lucie m'a énervée lorsqu'elle se conduit d'une manière pas cool du tout envers Jim, mais ce dernier réagit tellement bien, je n'étais pas prête (coeur-sur-lui) !



"On s'est mis en route sans parler. J'aime le silence. La plupart des gens deviennent fous quand ils doivent rester silencieux, ou quand ils sont en face de quelqu'un qui ne parle pas tout le temps. Je sentais la chaleur du corps de Jim à côté de moi, mais aucune tension. Mon silence ne le dérangeait pas. Le sien me faisait plaisir."



De nombreuses pensées, de nombreux messages et dialogues sur la vie, l'amour, le bonheur, la peur, les relations parcourent ce roman. C'est très agréable la façon dont ils sont amenés ! Le ton est également très bien choisi, j'avais le coeur embaumé de douceur, senteur rose, goût chocolat framboise, Pink Floyd résonnant au loin...



"L'éternité se blottit peut-être dans l'instant."




Une belle histoire remplie de sentiments et d'émotions qui touchent ! La douceur, l'intelligence, la compréhension, l'attention de Jim M'ont offert offrent un véritable bien être à Lucie ; c'est mignon et adorable tout plein de les voir tomber amoureux l'un de l'autre ; franchement, cette romance est à lire ! Après, elle ne laisse pas un souvenir impérissable, mais sur le moment, j'étais comme enveloppée dans un cocon de moelleux nuages laissant parfois entrer la pluie et des éclairs, c'était comme boire du p'tit lait (ou un cappuccino noisette ou vanille au choix, ou un thé fleuri avec du miel) !





Une excellente lecture pour une histoire touchante avec des personnages bien développés !




" - (...) Tu sais, il y a des gens qui ont peur du bonheur. Ou plutôt, qui ont peur que le bonheur prenne fin. Alors, ils préfèrent fuir le bonheur pour ne pas souffrir. Mais... tout prend fin. Ce n'est pas une raison pour fuir."